Longtemps reléguée au fond des penderies, la cravate vit depuis deux ans un retour en grâce spectaculaire. Des podiums parisiens aux rues de Florence et Berlin, elle s’impose à nouveau comme un accessoire de style à part entière, bien loin de son image strictement formelle. Et cette saison, les codes ont vraiment changé.
Des podiums qui réinventent les règles
Les collections printemps-été 2026 ont confirmé ce que beaucoup pressentaient : la cravate n’obéit plus aux mêmes règles qu’avant. Chez Saint Laurent, elle disparaît à moitié dans la chemise, glissée dans la patte de boutonnage pour un effet négligemment chic. Chez Dior, sous la direction de Jonathan Anderson, c’est l’envers du tissu qui est montré, assumant une esthétique de l’imperfection maîtrisée. Armani et Vivienne Westwood, eux, glissent l’extrémité inférieure dans le pantalon. Autant de gestes qui disent la même chose : la cravate est redevenue un terrain de jeu.
Pour l’automne-hiver 2026-2027, elle s’affranchit même de la veste. On la porte avec un pull ou un blouson, dans une palette qui oscille entre une élégance gothique dominée par le noir et des éclats de jaune ou de rouge, repérés chez Dior, Louis Vuitton et Amiri.
Matières, couleurs, formats : ce qui se porte vraiment
Côté matières, la soie reste la référence pour qui veut jouer la carte de la distinction discrète. La laine et le tricot séduisent davantage en hiver, avec une texture qui contraste efficacement sur une chemise unie. Les motifs géométriques, floraux et les imprimés baroques continuent de progresser, tandis que les unis texturés gardent leur polyvalence.
Sur le format, les avis restent partagés. La cravate slim (5 à 7 cm) domine chez les jeunes consommateurs, mais la large (8 à 9 cm) revient fort sur les podiums pour un effet plus vintage. La règle de proportion reste valable : la largeur de la cravate doit à peu près correspondre à celle des revers de veste.
La cravate s’est aussi invitée dans les dressings féminins. Depuis 2024, elle figure parmi les pièces phares du style féminin, portée sur des chemises oversize, des blazers ou simplement nouée sur un col simple. Un emprunt au vestiaire masculin qui a tout d’une tendance durable.
Un accessoire qui reprend de la valeur
Le marché mondial de la cravate, estimé à 2,5 milliards de dollars en 2024, devrait atteindre 3,8 milliards d’ici 2033. En France, les ventes culminent chaque automne : en novembre 2025, les acheteurs de cadeaux représentaient 81 % des consommateurs sur ce segment. Signe que la cravate reste aussi un cadeau de choix, à condition de bien la sélectionner.
La tendance pousse aussi vers plus de responsabilité : de nombreuses marques misent sur des matériaux certifiés et des filières transparentes, notamment pour capter une clientèle jeune sensible à l’origine des produits. La personnalisation, qu’il s’agisse de broderies ou de tissages sur mesure, représente un débouché croissant, autant pour les particuliers que pour les cadeaux d’entreprise.
Revenu sans faire de bruit, l’accessoire s’est réinstallé durablement dans le paysage mode…

